Téléphonie dans le cloud vs sur site (et entre les deux) : ce qui compte vraiment pour des équipes productives à distance

Le travail à distance s'est démocratisé et intégré aux opérations des entreprises. L’instabilité liée à la pandémie a laissé place aux modèles hybrides, devenus un choix intentionnel, avec des équipes distribuées à travers différentes fonctions, zones géographiques et fuseaux horaires.

En conséquence, la charge sur l'infrastructure de communication a changé : plus qu’une question d'efficacité, cela détermine désormais comment les équipes fonctionnement, collaborent et évoluent.

La question n'est donc pas « comment rester connecté ». Le véritable objectif est de maintenir la vitesse, la cohésion et la prise de décision à grande échelle quand le contact en personne est minimal et que la présence physique n'est plus un critère de productivité.

Cela signifie que la plupart des leaders d'entreprise sont plutôt confrontés à la question suivante : « L'infrastructure vocale doit-elle rester sur site, passer entièrement au cloud ou se situer quelque part entre les deux ? »

Chaque option se solde par des compromis ayant une incidence sur la vitesse, le coût et le contrôle.

Dans l'article d'aujourd'hui, nous allons comparer les différentes options d’architectures suivant l'impact sur la productivité, les compromis opérationnels et les considérations stratégiques pour les équipes distribuées.

Pourquoi certaines organisations restent sur site et d’autres optent pour l’hybride

Toutes les organisations ne doivent pas nécessairement passer au cloud. Pour certaines, l'infrastructure sur site ou hybride est le choix le plus sûr, fiable et adapté au budget.

Les organisations internationales doivent naviguer entre les différentes réglementations, telles que l'interception légale, les appels d'urgence (E911), les régulations sur l'enregistrement des appels et les obligations de résidence des données.

Les fournisseurs de téléphonie cloud peuvent présenter des capacités de conformité très différentes selon les régions. Les responsables informatiques doivent vérifier que la plateforme choisie prend explicitement en charge les normes pertinentes de télécommunication et réglementaires dans chaque juridiction où ils opèrent, afin de réduire les risques juridiques et de garantir la continuité des opérations à l'échelle mondiale.

Au-delà des besoins de conformité, certaines industries ou exigences opérationnelles peuvent fortement privilégier des solutions sur site ou hybrides hautement contrôlées. Par exemple :

Environnements à très faible latence : organisations impliquées dans le trading à haute fréquence, les systèmes de contrôle industriel critiques ou les centres de contact spécialisés où un retard de quelques millisecondes peut avoir des conséquences importantes.

Traitement de données hautement sensibles : entités gérant des communications gouvernementales top secrètes ou des propriétés intellectuelles classifiées, où le maintien d'un air gap physique ou d'une souveraineté totale sur le matériel et les données est une exigence de sécurité non négociable.

Connectivité à distance/limitée : les entreprises opérant dans des zones géographiques isolées où l'accès à internet haut débit est peu fiable ou inexistant peuvent trouver les solutions sur site plus fiables, même si cela devient moins courant du fait de l’avancée d’internet par satellite.

En outre, pour les entreprises qui possèdent et gèrent déjà de grands réseaux PBX, une migration complète peut s’avérer peu rentable, voire pas nécessaire.

En savoir plus :

Ce qu'offrent les plateformes cloud et où elles excellent 

La plupart des systèmes vocaux traditionnels ont été conçus pour un modèle de bureau centralisé. Mais les équipes distribuées requièrent plus qu'une simple tonalité : elles ont besoin de cohérence, de contexte et d'un accès depuis tous les appareils et tous les sites.

Les plateformes de téléphonie basées sur le cloud résolvent ce problème en unifiant les canaux vocaux, vidéos et de messagerie dans une interface unique et accessible partout. Que le personnel travaille à domicile, passe d'une réunion à l'autre ou voyage à l'étranger, les systèmes cloud éliminent les frictions. Des fonctionnalités telles que les softphones, les applications mobiles, la transcription de la messagerie vocale et le routage des appels sont standard. Mais la véritable valeur ajoutée réside dans la convergence : les appels se transforment en réunions vidéo, les messages lancent des fils de discussion sur des projets et la collaboration reste fluide.

Par exemple, un membre de l'équipe utilisant un smartphone à Tokyo verra la même interface, le même historique des appels et les mêmes mises à jour de projet que sa ou son homologue sur un ordinateur de bureau à Toronto. Pas de basculement, pas de réauthentification, pas de perte de contexte.

Au-delà d'une expérience fluide, la sécurité est un autre aspect essentiel de l'adoption au cloud. Si les fournisseurs de téléphonie cloud offrent généralement une sécurité robuste, il est crucial pour les responsables informatiques de comprendre le modèle de responsabilité partagée. Les fournisseurs de cloud gèrent sa sécurité, en sécurisant l'infrastructure sous-jacente, le réseau et les installations physiques. Cependant, le client est responsable de la sécurité dans le cloud, ce qui inclut la gestion des accès utilisateurs, le chiffrement des données (où cela s’applique et se configure), la sécurité des terminaux sur les appareils des utilisateurs et la conformité des configurations avec les politiques internes.

Recherchez des fournisseurs qui offrent des fonctionnalités avancées telles que le chiffrement de bout en bout des appels et des messages, l'authentification multifactorielle (MFA), les contrôles d'accès basés sur les rôles et le respect des normes de conformité mondiales telles que ISO 27001, SOC 2 et RGPD. Cette approche partagée garantit une sécurité renforcée lorsqu'elle est correctement mise en œuvre par les deux parties.

Tenez également compte des cadres de conformité spécifiques à certains secteurs ou zones géographiques, tels que FedRAMP pour les prestataires de services de l’administrationaméricaine ou HIPAA pour le secteur de la santé aux États-Unis. Les fournisseurs doivent montrer avec transparence leur conformité et fournir des audits et des documents réguliers pour appuyer ces normes.

Toutefois, pour que la téléphonie cloud fonctionne comme une couche véritablement stratégique pour les équipes distribuées, les responsables informatiques ne doivent pas s’arrêter à la praticité et à la sécurité. La cohérence des performances, la portée mondiale et la capacité à tirer parti des technologies émergentes qui stimulent activement la productivité sont tout aussi cruciales.

Cela implique d'accorder une attention particulière à deux aspects essentiels : la fiabilité du réseau du fournisseur (en termes de latence et de qualité de service ou QoS) et la capacité de la plateforme à exploiter les fonctionnalités d'IA et d'automatisation qui fluidifient les flux opérationnels et améliorent les résultats commerciaux.

Évaluation de la latence, de la QoS et de la couverture régionale

La téléphonie cloud simplifie la communication mondiale, mais la latence, la perte de paquets et les failles de couverture régionale restent des considérations essentielles. Les équipes opérant dans des zones éloignées des centres de données des fournisseurs de cloud peuvent subir une baisse de la qualité des communications vocales et vidéo.

Les responsables informatiques doivent évaluer les fournisseurs de cloud selon leurs points de présence (PoP) dans le monde, les accords de niveau de service (SLA) garantissant la disponibilité et la latence, ainsi que de la capacité du fournisseur à mettre en œuvre des mesures de qualité de service (QoS). L'évaluation du réseau et les tests de latence périodiques doivent faire partie intégrante du processus de sélection des fournisseurs.

Tirer parti de l'IA et de l'automatisation pour améliorer la productivité

Les plateformes de téléphonie cloud sont à la pointe des capacités d'IA intégrées. Cependant, les environnements hybrides peuvent exploiter l'IA via des intégrations avec la transcription hébergée dans le cloud, l'intelligence des centres de contact ou le routage amélioré par le CRM, sans migrer le PBX central.

Ces capacités améliorent directement la productivité en réduisant les tâches administratives manuelles et en améliorant les interactions avec les clients. Lorsque vous évaluez les fournisseurs, examinez leur niveau de maturité avec l’IA, y compris la transparence des algorithmes, les implications sur la confidentialité des données et l'alignement avec les normes éthiques et les politiques de gouvernance des données de votre organisation.

Quand l'installation sur site reste pertinente

La migration d'un PBX sur site existant vers un système de téléphonie cloud n'est pas aisée. Elle nécessite une planification minutieuse afin de minimiser les perturbations. Les principaux défis à relever sont souvent les suivants :

Migration des données : transfert de l'historique des appels, des messages vocaux et des répertoires de contacts.

Complexité de l'intégration : garantir que le nouveau système cloud s'intègre avec fluidité aux applications professionnelles existantes (CRM, ERP, logiciel d'assistance).

Préparation du réseau : évaluer et éventuellement mettre à niveau la bande passante Internet et les configurations de qualité de service (QoS) afin de garantir une qualité vocale et vidéo optimale, en particulier pour les équipes dispersées.

Formation et adoption par les utilisateurs : préparer les équipes à une nouvelle interface et à de nouvelles fonctionnalités, essentiel pour une adoption réussie et un retour sur investissement.

Temps d'arrêt potentiel : planifier des transitions contrôlées pour éviter toute interruption de service pendant la période de transition. Une approche progressive permet souvent d'atténuer ces risques.

Les modèles hybrides ont de plus en plus la cote, non pas comme une solution provisoire, mais comme une architecture délibérément choisie, qui équilibre souveraineté, coût et reach.

Repenser la collaboration : des outils au flux opérationnel

La téléphonie était autrefois une fonction autonome. Aujourd'hui, elle s'inscrit dans une couche de collaboration plus large qui relie la voix aux flux de travail, aux documents, aux réunions et aux outils de projet. Qu'elle soit intégrée à un système cloud natif ou étendue via des intégrations hybrides, l'objectif n'est plus d'améliorer la communication, mais d'harmoniser l'exécution.

Par exemple :

  • Les espaces de travail virtuels peuvent servir de salles de projet permanentes.
  • Les outils d'agenda et le partage d'écran peuvent être intégrés aux réunions, qu'elles soient vocales ou vidéo.
  • Les conversations peuvent passer du message à l'appel, puis à la réunion en minimisant les frictions.

Cela réduit les changements d'outils et accélère la prise de décision : les deux raisons principales qui ralentissent la productivité dans les environnements distribués.

Les capacités d'intégration jouent un rôle central. Que votre système soit entièrement basé sur le cloud ou hybride, les plateformes doivent offrir des API, des connecteurs ou des intégrations préconfigurées avec les principales applications d'entreprise telles que Salesforce, Microsoft Dynamics, ServiceNow, Zendesk, Slack, Microsoft Teams et Workday. Plus la couche téléphonique est intégrée à votre environnement numérique, plus elle renforce la productivité au lieu de l'interrompre.

La continuité entre les appareils est également essentielle. Les équipes doivent rester connectées entre leurs ordinateurs portables, smartphones, téléphones de bureau et tablettes, sans perdre le contexte. Les systèmes hybrides prennent de plus en plus en charge cette fonctionnalité grâce à des clients softphone, des applications mobiles et des outils de connexion unifiés reproduisant l'ensemble des fonctionnalités PBX sur n'importe quel appareil.

Des intégrations mobiles avancées, telles que les commandes vocales, le couplage de casques ou la vidéo cryptée, sont désormais disponibles dans tous les modèles de déploiement. Ainsi, ce n'est pas le choix entre le cloud ou sur site qui fait la différence, mais la capacité de votre modèle de déploiement à prendre en charge les flux opérationnels que vos équipes utilisent réellement..

C'est pourquoi la prise de décisions concernant l'infrastructure est cruciale. La collaboration ne fonctionne que lorsqu'elle s'appuie sur une architecture fiable, extensible et adaptée au mode de fonctionnement de vos équipes.

Choisir le modèle de déploiement adéquat

La question cloud vs sur site vs hybride n'est pas si binaire qu'elle semble. Tenez compte de votre environnement, de votre appétence au risque et de la composition de votre personnel :

CritèresSur siteCloudHybride
Souveraineté des donnéesForteDépend du fournisseur Contrôle sélectif
Intégration de l'IA/automatisationNécessite des outils externes IntégrationExtensibilité sélective
ÉvolutivitéContraintes du matériel élastiqueflexible selon la région ou le rôle
Accessibilité à distanceDépendance à un VPN NativeMixte
CapEx vs OpExCoût initial élevé Basé sur un abonnement Équilibré
Poids de la mise à jour/maintenanceInterneGestion fournisseurMixte

Notez que si la distinction entre CapEx et OpEx est claire, l'évaluation du coût total de possession (TCO) fournit une image financière plus globale. Pour les systèmes sur site, le TCO comprend non seulement l'achat initial du matériel, mais aussi les coûts récurrents liés :

  • Aux cycles de maintenance et de remplacement du matériel.
  • Aux licences et mises à niveau logicielles.
  • Aux équipes informatiques dédiées à la gestion, au dépannage et aux réparations.
  • À la consommation électrique et au refroidissement de l'infrastructure serveur.

Pour les solutions cloud, bien que les coûts initiaux soient moins élevés, le TCO comprend :

  • Des frais d'abonnement en cours, qui peuvent évoluer avec le nombre d'utilisateurs ou l'utilisation des fonctionnalités.
  • Des frais supplémentaires potentiels si l'utilisation dépasse les limites contractuelles.
  • Les coûts liés à l'intégration de la solution cloud avec les systèmes existants sur site ou les applications tierces.
  • Le coût (souvent réduit) du temps des équipes informatiques passé pour la gestion du provisionnement des utilisateurs et l'application des politiques, plutôt que pour l'infrastructure.

Encore, la clarté des coûts est essentielle. À titre indicatif, la téléphonie cloud coûte généralement entre 15 et 40 dollars par utilisateur et par mois, selon les fonctionnalités et l'évolutivité, tandis que les systèmes sur site nécessitent souvent un investissement initial de 500 à 1 000 dollars par utilisateur, amorti sur un cycle de vie de 5 à 7 ans.

Au-delà du coût total de possession : les facteurs stratégiques qui font pencher la balance

Au-delà des considérations financières, d'autres facteurs stratégiques entrent en jeu, tels que la dépendance vis-à-vis d'un fournisseur et la personnalisation. Si les plateformes cloud offrent un déploiement rapide et des mises à jour, elles peuvent parfois limiter la personnalisation comparé à un système sur site entièrement contrôlé par l'entreprise. Évaluez :

  • La portabilité des données : vos données (journaux d'appels, messages vocaux, configurations) sont-elles faciles à exporter si vous décidez de changer de fournisseur ?
  • Les intégrations API : la plateforme cloud offre-t-elle des API solides qui permettent des intégrations personnalisées avec vos applications métier spécifiques ?
  • La feuille de route des fonctionnalités : le fournisseur est-il transparent sur ses plans de développement futurs et ceux-ci correspondent-ils à vos besoins stratégiques à long terme ?
  • Les systèmes sur site, bien qu'ils nécessitent davantage de ressources internes, offrent généralement une plus grande flexibilité pour une personnalisation approfondie afin de répondre à des exigences opérationnelles très spécifiques ou de niche.

Le choix du modèle de déploiement optimal va au-delà d’une simple comparaison des coûts et des compromis techniques. Les décisions stratégiques concernant l’infrastructure doivent également tenir compte de la résilience et des objectifs organisationnels au sens large, en incluant la durabilité environnementale. La prise en compte de ces aspects supplémentaires garantit que votre architecture téléphonique soutienne les objectifs et les responsabilités à long terme de votre organisation.

Assurer la continuité des activités et la reprise après un sinistre

Les solutions cloud et sur site doivent toutes deux tenir compte des interruptions de service potentielles. Les pannes du cloud, bien que rares, peuvent affecter plusieurs clients simultanément, soulignant la nécessité de définir clairement les accords de niveau de service (SLA), les stratégies de sauvegarde et les capacités de basculement.

Les systèmes sur site nécessitent une planification rigoureuse de la reprise après sinistre, notamment la redondance du matériel et la dispersion géographique des sites de basculement.

Il est essentiel d'évaluer la capacité des fournisseurs à récupérer rapidement et à garantir la continuité des opérations, même dans les pires scénarios.

Considérations environnementales 

La durabilité et l'impact environnemental influencent les décisions sur l’infrastructure. Les solutions cloud s'appuient souvent sur des centres de données hautement efficaces bénéficiant d'économies d'échelle, de sources d'énergie renouvelables et de solutions de refroidissement optimisées. Les solutions sur site peuvent offrir moins d'efficacité, à moins qu’elles soient spécialement conçues pour être durables.

Les organisations qui se sont engagées à respecter les objectifs ESG (environnementaux, sociaux et de gouvernance) doivent tenir compte des indicateurs environnementaux dans leurs décisions en matière d'infrastructure.

Considérations finales

À l'ère des équipes distribuées et des flux de travail asynchrones, une infrastructure adaptée n’est pas qu’un support de communication. Elle façonne le fonctionnement, les décisions et les prestations de votre organisation.

Il n'existe pas de modèle unique. Certaines organisations vont centraliser leurs activités dans le cloud, d’autres conserveront une infrastructure sur site où le contrôle et la conformité l'exigent. Beaucoup vont opter pour des architectures hybrides qui leur permettront de prendre en charge des équipes diversifiées, de respecter les contraintes de conformité et d'évoluer avec sélectivité sans renoncer au contrôle.

Les meilleurs déploiements sont alignés non pas pour inclure des checklists ou des structures de coûts, mais pour le fonctionnement réel de l'entreprise, à travers les territoires, les environnements réglementaires et les modalités de travail.

Le soutien des fournisseurs est également un facteur essentiel. Que vous gériez une transition complète ou que vous fonctionniez dans un environnement hybride, des services professionnels solides peuvent réduire les frictions liées au déploiement, fluidifier les intégrations et raccourcir le délai de rentabilisation. Tenez compte de facteurs comme la disponibilité du support 24h/24 et 7j/7 , l’implémentation des ressources, la réactivité technique et les archives de satisfaction client pour évaluer vos partenaires.

Les environnements de communication les plus résilients ne sont pas toujours les plus avancés ou les plus automatisés. Ce sont ceux qui sont adaptés à la structure de l'organisation.

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