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Soins de santé d’aujourd’hui : l’impératif d’un accès unifié aux infrastructures, partie 2 : de la stratégie à la mise en œuvre

Dans la partie 1 de cette série, nous avons exploré les raisons pour lesquelles l'accès est devenu indissociable des soins eux-mêmes. La première interaction d'un patient avec votre organisation, via un portail à minuit ou un appel téléphonique à 8 h du matin, donne le ton pour tout ce qui suit. Lorsque l'accès fonctionne, il instaure la confiance. Lorsqu'il échoue, les patients retardent les soins, ne se présentent pas aux rendez-vous de suivi et cherchent de l'aide ailleurs, souvent dans des établissements plus spécialisés, alors que cela aurait pu être évité.

Nous avons également examiné l'écart entre le simple fait de disposer de canaux numériques et celui d'avoir une véritable stratégie d'architecture d'accès unifiée. La plupart des établissements de santé ont mis en place un accès de manière progressive : un portail patient provenant d'un seul fournisseur, une téléphonie traditionnelle pour le centre d'appels, des rappels par SMS provenant d'un troisième système, la télésanté sur son propre îlot. Chacun fonctionne de manière isolée, mais ils ne fonctionnent pas ensemble, et cette fragmentation devient un problème que le patient doit résoudre.

Le test de résistance a révélé ce qui distingue le fonctionnel du fragmenté : le contexte suit-il le patient d'un canal à l'autre, ou repart-il de zéro à chaque étape ? Votre logique de routage identifie-t-elle la frustration avant qu'elle ne dégénère en crise ? Votre infrastructure est-elle conçue pour les jours de pic ou seulement ceux qui sont normaux ?

Vient l’heure du suivi : comment construire une infrastructure d'accès qui passe ce test ? Et une fois effectué, comment se manifeste le succès en pratique ?

À quoi ressemble la réussite du système ?

La différence entre l'architecture d'accès unifiée comme mot à la mode ou réalité se constate grâce aux détails des interactions quotidiennes avec les patients.

Imaginez un patient qui prend rendez-vous en ligne chez un dermatologue à 23 heures, seul moment où il a enfin trouvé le courage de s’occuper d'un grain de beauté préoccupant. Il reçoit immédiatement un SMS de confirmation, avec la date, l'heure, le lieu et un lien vers les documents à remplir avant la consultation. Trois jours avant le rendez-vous, il se rappelle de l'arrêt préalable d'un certain médicament et utilise la fonction de chat du portail pour en discuter.

La question est transmise à une infirmière, qui voit le rendez-vous à venir, la raison de la visite et la liste des médicaments actuels du patient, sans avoir à lui demander de répéter quoi que ce soit. L'infirmière lui donne des conseils, et cet échange est consigné dans le dossier du patient. Lorsque le patient se présente au rendez-vous, le dermatologue dispose de toutes les informations nécessaires : non seulement la raison de la visite, mais aussi la question sur les médicaments et la réponse de l'infirmière.

Les informations ne sont pas répétées. Personne ne demande « Pourquoi êtes-vous ici aujourd'hui ? » alors que la réponse se trouve déjà dans trois systèmes différents.

Autre scénario de télésanté : un patient diabétique prend rendez-vous pour un suivi de routine via le portail patient. Il reçoit un lien vidéo par e-mail, accompagné d'instructions pour se connecter. Une heure avant le rendez-vous, il reçoit un rappel par SMS avec un lien à cliquer pour se connecter. Pendant la consultation, son endocrinologue examine les dernières mesures de glycémie qui ont été automatiquement téléchargées à partir du glucomètre continu du patient. La discussion aboutit à un ajustement de la posologie d'insuline et à une nouvelle ordonnance.

À la fin de la consultation, l'ordonnance est transmise par voie électronique à la pharmacie préférée du patient. Ce dernier reçoit un SMS lorsqu'il peut venir retirer son traitement, accompagné d'un résumé de la consultation et d'un lien vers des documents d'information sur le changement de dosage. Si le patient a des questions par la suite, il peut répondre via le portail, et ce message est renvoyé à l'équipe soignante avec le contexte complet de ce qui a été discuté et des changements apportés.

Deux semaines plus tard, le patient doit reprogrammer son prochain rendez-vous. Il peut le faire en ligne, via le portail de soins de santé, en cinq minutes environ. Il peut également appeler et, s'il parvient à joindre un opérateur ou un assistant virtuel intelligent, les informations relatives à son identité, à ses antécédents et au rendez-vous lui-même seront consultables. Le patient peut naviguer/participer à  la prise de rendez-vous en fonction de ce qui lui convient le mieux à ce moment-là, et non en fonction du canal qui a accès à telle ou telle information.

Ces scénarios sont possibles quand l'architecture, les processus et la culture s'alignent autour d'un principe unique : le système doit s'adapter au patient, et non l'inverse.

Et c'est ce que les patients attendent désormais. Des banques aux voyages en passant par le commerce de détail et les loisirs, les patients interagissent toute la journée avec des systèmes qui mémorisent le contexte, acheminent intelligemment les demandes et leur permettent de changer de canal sans tout recommencer. Lorsque les soins de santé ne répondent pas à cette norme, on a l'impression que l'organisation n'est pas cohérente. Et dans un secteur où la confiance est monnaie courante, le ressenti du patient peut avoir de lourdes conséquences.

La marche à suivre pour réussir

Pour mettre en place une infrastructure d'accès unifiée efficace, il faut s'appuyer sur trois priorités interdépendantes qui répondent à la fois aux besoins des patients et aux réalités opérationnelles.

1. Une intégration qui préserve le contexte

Chaque canal doit alimenter le DME ou le dossier de communications unifiées avec des informations cohérentes sur l’identité du patient, des métadonnées standardisées, des pistes d'audit et un accès basé sur les rôles. Lorsqu'un patient passe du portail au chat, la conversation ne doit pas repartir de zéro. Le praticien qui répond à un appel téléphonique doit avoir les moyens d'obtenir une visibilité sur le parcours précédent du patient, avec les métadonnées appropriées. Le cabinet du spécialiste doit avoir une visibilité sur ce dont l'équipe de soins primaires a déjà discuté.

Il s'agit fondamentalement d'une question de sécurité clinique. Un patient qui doit répéter trois fois la liste de ses médicaments sur trois canaux différents est plus susceptible de faire des oublis. Un coordinateur de soins qui ne voit pas qu'un patient a déjà fait remonter un problème, est plus susceptible de passer à côté d'une urgence cachée dans un échange de routine.

L'intégration épargne au personnel le rapprochement manuel  des données, la transcription des informations d'un système à l'autre ou la perte de ce qui s'est passé avant le début de son service. Cela signifie que la technologie assure la continuité, afin que le personnel soignant puisse se concentrer sur les soins plutôt que sur une chasse à l’info des plus frustrantes.

2. Une intelligence de routage qui réduit le gaspillage clinique et opérationnel

Toutes les demandes ne nécessitent pas l'intervention d'une infirmière, et toutes les questions ne nécessitent pas l'intervention d'un médecin. Mais c'est justement là que la plupart des systèmes d'accès échouent : déterminer qui a besoin de quoi et obtenir une réponse efficace.

Les agents virtuels et le routage intelligent peuvent traiter une grande partie des demandes courantes : les confirmations de rendez-vous, itinéraires pour se rendre à la clinique, le statut des renouvellements d'ordonnances, les questions sur la facturation. Lorsqu'ils fonctionnent bien, ils sont plus rapides qu’attendre en ligne et disponibles en dehors des heures de bureau. Lorsqu'ils fonctionnent mal, ils piègent les patients dans des boucles ultra-frustrantes.

Une escalade intelligente fait toute la différence entre un système qui apporte de l’aide ou devient un poids. Si un chatbot ne parvient pas à résoudre un problème en deux échanges, transférez-le à un humain. Si un patient a appelé trois fois en deux jours, ne le renvoyez pas dans la même file d'attente : signalez-le comme une urgence à transférer en tant que telle. Si quelqu'un essaie de joindre un service spécifique en étant sans cesse transféré, conservez le contexte et mettez-le en relation avec la bonne personne lors de la prochaine tentative.

Dans le domaine de la santé, chaque minute compte. Mais cela dépasse les situations d'urgence, et s’étend aux moments ordinaires où un patient essaie de décider s'il doit se rendre aux urgences ou attendre un rendez-vous, s'il doit prendre un médicament ou l’arrêter, s'il doit surveiller ses symptômes ou supposer qu'ils disparaîtront. L'intelligence de routage réduit ces retards et empêche les appels mal acheminés de se transformer en occasions manquées d’intervenir.

3. Évolutivité sans compromis

Les demandes d'accès aux soins de santé sont tout sauf prévisibles. Le lundi matin, le volume d'appels atteint un pic. La saison de la grippe submerge le système de prise de rendez-vous. Les événements de santé publique, qu'il s'agisse du déploiement de vaccins, d'épidémies ou d'urgences météorologiques, peuvent multiplier par dix le volume de contacts en quelques heures.

Une infrastructure d'accès conçue pour des charges moyennes s'effondrera en cas de pic de demande. Et dans le domaine des soins de santé, cet effondrement se traduit par :

  • des patients qui ne peuvent pas joindre les services quand ils ont peur
  • un personnel de santé qui ne peut pas coordonner les soins lorsque le temps presse et
  • des administrateurs ne peuvent pas voir ce qui ne fonctionne pas, avant que ce soit trop tard.

L'évolutivité signifie que les systèmes s'adaptent de manière flexible à la demande sans dégrader les performances ni compromettre la sécurité. Elle implique une flexibilité de déploiement entre les différents modèles : sur site pour les organisations ayant des exigences strictes en matière de résidence des données, dans le cloud privé pour celles qui recherchent un équilibre entre contrôle et évolutivité, dans le cloud public pour celles qui privilégient un déploiement rapide et la rentabilité. Les feuilles de route informatiques du secteur de la santé évoluent au gré des changements réglementaires, des fusions d'organisations et des variations de la population de patients. L'infrastructure d'accès ne doit pas vous enfermer dans des décisions prises il y a cinq ans, lorsque le monde était différent. Et elle ne doit pas non plus être un point faible en cas de crise.

Une évolutivité sans compromis signifie que lorsque vous vous développez, vous n'avez pas à choisir entre disponibilité et conformité, entre performances et sécurité, entre augmentation de la capacité et maintien des contrôles de conformité. Les volumes d'appels élevés, les réseaux multisites et les exigences réglementaires strictes nécessitent des systèmes conçus dès le départ pour gérer ces trois aspects simultanément.

L'avantage stratégique

Au fond, l'infrastructure d'accès unifiée est une stratégie de confiance avec des avantages mesurables en termes d'opérations, de résultats et de résilience organisationnelle :

Efficacité opérationnelle : lorsque les patients peuvent résoudre des problèmes courants via des canaux en libre-service, le personnel peut se concentrer sur les cas complexes, les patients à haut risque et les situations qui nécessitent un avis médical plutôt qu’une recherche d'informations. Le volume du centre d'appels s’allège, ainsi que la charge administrative et le personnel passe moins de temps à rapprocher manuellement les informations entre les systèmes (et plus de temps à faire le travail pour lequel il a été formé).

Engagement et adhésion des patients : lorsque l'accès est fluide, les patients vont jusqu'au bout. Ils se présentent à leurs rendez-vous parce que la prise de rendez-vous a été facile et que les rappels ont été envoyés en temps utile. Ils prennent leurs médicaments comme prescrit parce que le renouvellement de leur ordonnance ne nécessite pas trois appels téléphoniques et une semaine à insister. Ils effectuent les dépistages préventifs parce que la prise de rendez-vous ne leur donne pas l'impression d'être un job à plein temps. L'engagement favorise l'adhésion, et l'adhésion favorise les résultats.

Protection des revenus : les absences coûtent chaque année des milliards aux organismes de santé. Chaque rendez-vous manqué représente une perte de revenus, un gaspillage de capacités et souvent un retard dans le diagnostic. Les systèmes d'accès qui confirment les rendez-vous sur tous les canaux, envoient des rappels intelligents et facilitent la reprogrammation réduisent considérablement le taux de non-présentation. Le retour sur investissement se constate dans les taux d'utilisation et les indicateurs du cycle des revenus.

Réputation et positionnement concurrentiel : les patients savent montrer leur désaccord. Sur les marchés où ils ont le choix, la qualité de l'accès devient un facteur de différenciation. Un système de santé réputé facile d'accès, réactif sur tous les canaux et respectueux du temps des patients attire et fidélise ces derniers. À l'inverse, un système réputé difficile à naviguer perd des patients au profit de concurrents ayant investi pour faciliter l'accès, même avec une qualité de soins comparable.

Atténuation des risques : les défaillances d'accès entraînent des risques de non-conformité. Un patient qui ne parvient pas à signaler l’effet secondaire d'un médicament, qui renonce à prendre un rendez-vous de suivi après un résultat d'examen inquiétant, qui cesse de se faire soigner parce que le processus lui semble trop difficile, ces situations peuvent avoir des conséquences, entraîner des litiges et des vulnérabilités face aux réglementations. Un accès fiable réduit ces risques en garantissant que les patients qui tentent d'interagir avec le système reçoivent une réponse en retour.

Résilience en cas de perturbation : les organisations qui ont le mieux résisté à la pandémie de 2020 sont celles qui disposaient déjà d'une infrastructure mature de télésanté et d'accès numérique. Lorsque les soins en personne sont devenus impossibles du jour au lendemain, elles ont pu s'adapter. Les organisations qui ne disposaient pas de cette infrastructure ont été prises au dépourvu, ont perdu des patients et leur confiance, à un moment où celle-ci était primordiale. La prochaine perturbation, qu'il s'agisse d'une crise de santé publique, d'une catastrophe naturelle ou d'une cyberattaque, fera la même distinction entre les organisations disposant d'une infrastructure d'accès résiliente et celles qui n'en ont pas.

Dans un monde où les résultats dépendent de l'engagement, et où l'engagement dépend de l'accès, la mise en place d'une infrastructure d'accès unifiée est la porte d'entrée vers des soins modernes et une base solide pour inspirer confiance. Pour les responsables de santé, la décision consiste à déterminer si ces canaux fonctionneront comme un système cohérent ou resteront un labyrinthe fragmenté dans lequel les patients devront se repérer seuls.

Conclusion

La notion de porte d'entrée numérique fait beaucoup parler d'elle, mais en fin de compte, l'accès ne se résume pas à la manière dont les patients franchissent cette porte. Il s'agit de savoir si vos systèmes répondent lorsque cela compte le plus : à minuit, lorsque la peur se fait ressentir, le lundi matin, lorsque les symptômes ne peuvent attendre, dans les moments où l’on passe de « quelque chose ne va pas » à « je vais chercher de l'aide ».

Les organisations qui ont compris cela considèrent l'accès comme un impératif stratégique étroitement lié à la qualité des soins, à l'efficacité opérationnelle et à la confiance institutionnelle. Elles choisissent des partenaires qui comprennent que la conformité, la fiabilité et l'intégration ne sont pas négociables. Et elles mettent en place des systèmes conçus autour d'une question simple : lorsqu'un patient nous contacte, sommes-nous prêts ?

Car quand l'accès fonctionne, les soins aussi.


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